Cet éditorial de la Revue Droits fondamentaux et pauvreté, publié le 17 octobre, coïncide avec la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté. Cette date commémore depuis 1987 les paroles du père Joseph Wresinski : « Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. »
Le thème retenu pour 2025, comme en 2024, vise à mettre fin à la maltraitance sociale et institutionnelle, cette dimension cachée de la pauvreté. La Revue, qui publie son quatrième numéro en cette cinquième année de parution, s’assigne plusieurs objectifs : jeter un autre regard sur la pauvreté, porter la parole des plus démunis sur leurs conditions indignes d’existence et leurs aspirations, et constituer un point d’appui pour le combat de fond contre la misère.
Si le droit légitime trop souvent la violence et les discriminations, il peut aussi devenir un levier de la lutte contre la pauvreté. Les contributions publiées doivent servir de terreau pour faire jaillir des actions utiles, responsables et plus efficaces, mieux documentées, dans une œuvre collective qui ne saurait se complaire dans les universités, les palais de justice ou les colloques calfeutrés.
Il existe des maltraitances sociales et institutionnelles à débusquer, dénoncer et corriger : enfants mal nourris qui ne vont pas à l’école, personnes mal soignées, sans logis, privées d’accès à la culture, à la parole, à un environnement de qualité, à une véritable reconnaissance en leur qualité d’être humain. Toutes celles et tous ceux qui, en raison de leurs fragilités, sont touchés au cœur de leur dignité et souffrent doublement de leur isolement dans une société où la digitalisation des services leur est souvent inaccessible.
Dans la lutte contre la pauvreté, il faut allier le savoir au savoir-être et au savoir-faire, avec imagination, courage et audace. L’éditorial se conclut par des remerciements aux auteurs et aux lecteurs, relais précieux d’un devoir civique qui n’est pas condamné à la destinée tragique de Sisyphe.
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