À l’occasion de la Journée mondiale de l’enfant africain, une visite dans un pays d’Afrique situé près de l’équateur confronte à la réalité des « enfants de la poubelle ». Ces enfants vivent toute l’année avec leur famille sur le dépotoir de la ville, triant les déchets pour survivre, respirant la crasse et se nourrissant parfois des immondices. Ils sont traités comme des déchets parmi les déchets, exposés à une extrême violence sociale et humaine. Certaines très jeunes filles subissent des viols en échange de nourriture ou du droit d’accéder aux zones de tri les plus rentables.

À côté de cette misère, une association tente d’arracher les plus petits aux ordures quelques heures par jour grâce à une école maternelle. Les enfants y découvrent avec curiosité un visiteur européen, rappel brutal des inégalités de couleur de peau et de destin. D’autres projets existent : ateliers de couture pour les mères, fabrication de savon, de briques ou de charbon à partir de déchets, modestes tentatives de reconstruction de dignité.

Face à cette réalité, la coexistence de la tristesse et de l’espoir s’impose. Pourtant, malgré l’adoption de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant en 1990, inspirée de la Convention internationale de 1989, la situation demeure dramatique. Guerres oubliées, dérèglements climatiques, catastrophes sanitaires et migrations massives continuent de broyer les enfants du continent le plus pauvre. Les droits proclamés semblent impuissants lorsque la misère, le racisme et le mépris persistent. Les droits de l’enfant ne peuvent devenir effectifs tant que les droits fondamentaux de leurs parents, de leurs familles et de leurs peuples restent bafoués.

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