Dans le précédent numéro de la Revue, j’ai dressé un état des lieux des politiques mises en place depuis 2019 par nos différents gouvernements et assemblées, cet état réalisé à partir des données accessibles jusqu’au 15 décembre 2023 sur leur sites internet respectifs. Dans ce numéro je passe en revue les priorités annoncées pour lutter contre la pauvreté par les principaux partis francophones dans leurs programmes électoraux.
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La réduction de moitié de la pauvreté d’ici 2030 constitue l’un des objectifs majeurs de développement durable fixés par l’ONU. Cet engagement implique également l’éradication de l’extrême pauvreté, définie par un revenu inférieur à 1,90 dollar par jour. En Belgique, la situation reste préoccupante : plus de 13 % de la population est exposée au risque de pauvreté et près de 6 % subit une privation matérielle et sociale sévère .
À l’approche des élections, la lutte contre la pauvreté occupe une place centrale dans les programmes des partis politiques francophones. Les propositions révèlent des visions différentes du rôle de l’État, de la solidarité et du marché du travail, tout en partageant un même constat d’urgence sociale.
DéFI défend un renforcement du contrat social par la mise en place d’un bouclier garantissant un revenu minimum décent, la revalorisation du salaire minimum et une réforme profonde des CPAS. L’attention est particulièrement portée aux familles monoparentales et à la médiation de dettes.
Ecolo adopte une approche globale articulée autour de l’augmentation des allocations jusqu’au seuil de pauvreté, de l’automatisation des droits sociaux et de l’individualisation des droits. Le parti développe également des mesures ambitieuses contre le sans-abrisme, la précarité énergétique, la pauvreté infantile et les difficultés d’accès à l’eau, à l’alimentation et aux services de garde.
Les Engagés proposent une régénération du pacte social visant à garantir la satisfaction des besoins essentiels. La revalorisation des allocations familiales, du revenu d’intégration et des aides aux personnes handicapées s’accompagne d’objectifs tels qu’une pension minimale, l’individualisation des droits et un soutien accru aux familles monoparentales.
Le MR considère l’emploi comme la meilleure protection contre la pauvreté. La priorité est donnée à la création de richesses, à l’activation du marché du travail et à la cohérence des politiques publiques, dans une perspective libérale reliant lutte contre la pauvreté et développement économique.
Le PTB fait de la lutte contre la pauvreté une priorité structurelle. Il défend des emplois stables, le logement comme droit fondamental, l’augmentation de toutes les allocations au-dessus du seuil de pauvreté, la garantie d’accès à l’énergie et à l’eau, ainsi qu’un renforcement massif des services sociaux et de proximité.
Le PS met l’accent sur le relèvement du dernier filet de sécurité sociale jusqu’au seuil de pauvreté, la coopération entre CPAS et services de la jeunesse, et la revalorisation des métiers du travail social afin d’améliorer l’accompagnement des publics fragilisés.
Si les stratégies divergent, une quasi-unanimité se dégage autour de la nécessité d’augmenter les minima sociaux au niveau du seuil de pauvreté. Reste à savoir si cet engagement résistera aux contraintes budgétaires annoncées et si les choix électoraux permettront de transformer ces ambitions en politiques effectives d’ici 2030
Ce billet est uniquement disponible en français.