Le 14 avril 2021, la 16e chambre correctionnelle du Tribunal de première instance de Liège a rendu un jugement remarquable. Une dame sans domicile fixe de 48 ans, dépendante de l’alcool, est jugée pour cinq petits vols différents commis entre novembre 2020 et février 2021. Elle a volé quelques canettes de bière, des produits cosmétiques et de la nourriture (du fromage, un pot de mayonnaise, du poulet épicé) dans certains supermarchés. Elle a déjà été condamnée pour des infractions similaires et ne conteste pas les faits en question. La prévenue a été condamnée à une peine avec sursis, mais le raisonnement du juge, en particulier, témoigne d’une réflexion claire et rarement vue sur le rôle du droit pénal dans la réponse de la société aux problèmes liés à la drogue. Selon le tribunal, la condamnation à une peine de prison – et par extension la punition elle-même – n’est pas la réponse appropriée aux défis sociaux que sont la pauvreté, la marginalité et la dépendance. Priver de liberté des personnes ayant un problème lié à la drogue ne sert à rien, juge le Tribunal. Une telle réaction sociale a même l’effet inverse : elle porte atteinte à la dignité humaine et ne contribue pas, de facto, à la réinsertion des personnes dans la société. Les personnes ayant des problèmes liés à la drogue doivent être aidées et la criminalisation est inutile et contre-productive. Dans le prolongement de cette décision importante, Tom Decorte, professeur de criminologie à l’université de Gand, énumère les effets contre-productifs de la politique actuelle en matière de drogue.

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