La réduction de moitié de la pauvreté d’ici 2030 constitue l’un des objectifs de développement durable des Nations unies. En Belgique, la situation demeure préoccupante : plus de 13 % de la population vit sous le seuil de risque de pauvreté et près de 6 % connaît une privation matérielle et sociale sévère, ce qui impose une mobilisation politique à tous les niveaux de pouvoir .
Depuis 1998, un accord de coopération engage l’État fédéral et les entités fédérées à coordonner leurs politiques de prévention de la précarité, de lutte contre la pauvreté et d’intégration sociale. Le quatrième plan fédéral de lutte contre la pauvreté, approuvé en juillet 2022, repose sur la prévention, l’activation vers l’emploi et l’accès effectif aux droits, notamment par la lutte contre le non-recours.
Plusieurs propositions parlementaires visant à garantir un niveau de protection sociale au moins équivalent au seuil de pauvreté sont restées sans suite. Une loi adoptée en octobre 2023 renforce toutefois la gouvernance de la politique fédérale en imposant l’adoption d’un plan de lutte contre la pauvreté, un suivi continu et une meilleure concertation entre niveaux de pouvoir.
En Flandre, le plan d’action 2020–2024 repose sur la prévention de la sous-protection, la lutte contre la pauvreté infantile, l’autonomie des citoyens et la qualité du cadre de vie. Ce plan est complété par une stratégie spécifique de prévention du sans-abrisme.
En Région wallonne, un plan de sortie de la pauvreté a été présenté en 2021 dans le contexte de la crise sanitaire et des inondations. Il vise l’accès à l’emploi, au logement et au bien-être, et s’appuie notamment sur un Fonds post-Covid destiné à soutenir des initiatives concrètes à destination des personnes vivant sous le seuil de pauvreté.
À Bruxelles, la politique de lutte contre la pauvreté est intégrée dans un Plan social-santé axé sur la réduction des inégalités, l’accès aux droits et la coordination des services.
En Fédération Wallonie-Bruxelles, un décret de 2019 organise une politique transversale de lutte contre la pauvreté, déclinée dans un plan quinquennal structuré autour de l’accessibilité des services, de la prévention des vulnérabilités et du développement de l’expertise institutionnelle.
L’ensemble de ces dispositifs témoigne d’une réelle activité politique, mais souligne également l’ampleur du chemin restant à parcourir pour atteindre l’objectif de réduction de moitié de la pauvreté d’ici 2030.
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