En Belgique comme partout dans le monde, les droits humains sont affaiblis, souvent par ceux-là même qu’un processus démocratique a conduits au pouvoir. C’était le thème de l’intervention remarquée de la professeure Sylvie Sarolea lors de la célébration du cinquième anniversaire de l’Institut fédéral des droits humains (IFDH), à la Chambre des représentants, le 2 mars 2026.
Avec l’autorisation de l’autrice, le comité de rédaction a souhaité la proposer aux lecteurs et aux lectrices de notre Revue, parce que, comme on le répète depuis des décennies, la pauvreté constitue une violation des droits humains. « La précarité est l’absence d’une ou plusieurs des sécurités permettant aux personnes et familles d’assumer leurs responsabilités élémentaires et de jouir de leurs droits fondamentaux. L’insécurité qui en résulte peut-être plus ou moins étendue et avoir des conséquences plus ou moins graves et définitives. Elle conduit le plus souvent à la grande pauvreté quand elle affecte plusieurs domaines de l’existence, qu’elle tend à se prolonger dans le temps et devient persistante, qu’elle compromet gravement les chances de reconquérir ses droits et de réassumer ses responsabilités par soi-même dans un avenir prévisible. » (CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL [FRANÇAIS], Grande pauvreté et précarité économique et sociale, Journal officiel, Avis et rapports du C.E.S., 28 février 1987). Ainsi que le réaffirme avec force et clairvoyance Claire Hédon, dans son ouvrage récent, La République des droits (Seuil, 2026), on peut en déduire que les efforts tendant à rendre les droits humains effectifs pour tous sont une manière de combattre la misère, que le renforcement des droits des uns renforce les droits des autres et, finalement, une démocratie digne de ce nom. Ainsi, affermir les droits des pauvres, ceux des étrangers, ceux de tous les exclus, c’est solidifier les droits de tous.
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